Bien que Yanieb Fabre soit une artiste de formation académique, son travail a toujours frôlé l’esthétique et le contenu de l’art aliéné, que ce soit dans sa représentation ou dans ses propres origines créatives. Fabre combine la vidéo, la danse et le dessin, comprenant les arts visuels comme un mécanisme hautement intuitif pour communiquer des impulsions et pour exprimer de manière obsessionnelle ses humeurs et ses passions (ce que l'artiste appelle ses « troubles érotiques »). Pour cette créatrice, l’art est aussi une expérience très animiste, qui la relie à la vision que certaines communautés indigènes ont de la création artistique comme espace privilégié de ritualisation et de manifestation spirituelle de la nature et de l’instinct animal. Cette œuvre gigantesque et multicolore en est un bon exemple. Fabre a dessiné de manière compulsive des scènes très oniriques chargées de sexualité et dont les formes végétales et animales rappellent celles présentes dans certains métiers textiles mexicains, comme ceux produits par le peuple indigène Otomi de l’État d’Hidalgo ou par le peuple Huichol de l’État de Nayarit. -CARLOS PALACIOS (CON AIRE POPULAR Exposition, Maison du Mexique en Espagne, 2020.)