Cette œuvre est née sur l’île de Corse, dans un moment suspendu, face à la mer agitée par un vent violent, sous un ciel prêt à éclater. Le dessin retranscrit cette tension : un ciel dense, sombre, occupe l’essentiel de la surface, contrastant avec les formes arrondies et presque silencieuses des roches et des collines au premier plan.
Le traitement est fait de couches superposées, de textures travaillées à la main, où les teintes sourdes – gris, mauves, jaunes – se mêlent aux ombres profondes. Rien n’est figé, tout semble vibrer sous l’effet du vent, du temps qui s’alourdit.
Yanieb Fabre laisse transparaître dans ce tableau un sentiment personnel de mélancolie, directement lié à cette atmosphère pesante. Le paysage devient alors le reflet d’un état intérieur : fragile, mouvant, traversé par la tension du moment juste avant la rupture.