Cette œuvre naît d’une interaction physique avec la matière et la nature. Yanieb Fabre dépose d’abord de la cire de bougie sur la toile, qu’elle chauffe ensuite au fer à repasser pour faire fondre et déplacer les couches. À cela, elle ajoute de la peinture à l’huile, travaillée en gestes rapides, instinctifs. Mais le processus ne s’arrête pas là : l’artiste frotte la surface avec des galets de plage, laissant les pierres griffer, user, modeler la matière.
Le résultat est une toile épaisse, chargée, où les strates de cire et d’huile semblent entrer en collision. Les couleurs sombres, les rouges, les violets se mêlent aux marques blanches laissées par les frottements. Rien n’est lisse, tout est empreint d’un geste répétitif, d’un contact direct avec les éléments. C’est une peinture de confrontation, de tension, où le corps et la matière dialoguent sans chercher l’apaisement.